Sandra Galli Cornali (1999). Le traitement logopédique dans un faisceau d'interactions. Favoriser l'autonomie de l'enfant. Langage & pratiques, 24, pp 38-48.
Durant ce semestre de Langage et pratiques consacré au partenariat parental, nous vous proposons de relire l'article de Sandra Galli Cornali, publié en 1999. Cet article apporte en effet un éclairage précieux sur le paradoxe de l’aide que nous connaissons tous.tes, sans toujours oser le nommer : et si nos efforts pour aider un enfant contribuaient en fait à renforcer ses difficultés ? Et surtout, comment transformer les potentielles tensions entre approches familiales et professionnelles en véritable alliance thérapeutique ?
L'histoire de Manuel, ce petit garçon de 9 ans d'origine portugaise, est celle de nombreux enfants que nous suivons aujourd’hui. Naviguant entre deux langues, deux cultures, deux façons d'apprendre, Manuel développe une stratégie redoutable : faire semblant de comprendre pour faire plaisir à tout le monde. Pendant ce temps, la logopédiste s'active, multiplie les activités... et Manuel s'installe dans une dépendance thérapeutique.
Un des aspects les plus frappants dans l’analyse proposée par Sandra Galli Cornali est la reconnaissance d’avoir été « piégée par ce paradoxe de l’aide ». L’intérêt majeur de son article réside justement dans la manière dont elle montre, de façon très concrète, comment sortir d’une impasse thérapeutique en impliquant véritablement la famille comme partenaire. Le changement d’attitude de Manuel devient radical dès lors qu’il peut s’appuyer sur une cohérence retrouvée entre les différents univers de sa vie.
Si le partenariat parental occupe aujourd'hui une place centrale dans nos réflexions logopédiques, l'expérience de Sandra Galli Cornali nous rappelle qu'il ne suffit pas de vouloir collaborer avec les familles : il faut aussi accepter de remettre en question nos propres représentations pour que cette collaboration permette de véritables avancées thérapeutiques.